Théorie

Le son en musique : nature et caractéristiques

Qu'est-ce que le son ?

Le son naît d'une vibration. Quand on pince une corde de guitare, elle se met à vibrer. Cette vibration passe par les sillets (celui du manche et celui du chevalet), qui la transmettent à la table d'harmonie. C'est cette table, soutenue par son barrage, qui se met à son tour à vibrer et à pousser l'air avec bien plus de force qu'une simple corde ne pourrait le faire. C'est cet air agité qui voyage jusqu'à notre oreille et que nous appelons un son.

Autrement dit, une guitare est un amplificateur mécanique : la corde donne l'impulsion, mais c'est tout le corps de l'instrument qui la fait réellement sonner. C'est aussi pour cela que deux guitares, avec les mêmes cordes accordées à l'identique, ne sonneront jamais tout à fait pareil.

Mais tous les sons ne se ressemblent pas non plus d'une note à l'autre. Un Mi grave n'a rien à voir avec un Mi aigu, un son joué doucement n'a rien à voir avec le même son joué fort, et une guitare ne sonne jamais comme un piano même sur la même note. Pour comprendre pourquoi, il suffit de regarder quatre qualités que possède tout son.

Les quatre caractéristiques du son

1. La hauteur

La hauteur, c'est ce qui fait qu'un son est grave ou aigu. Plus la corde vibre vite, plus le son est aigu ; plus elle vibre lentement, plus il est grave. C'est la qualité la plus évidente pour un musicien : c'est elle qui distingue chaque note les unes des autres, et c'est elle que l'on ajuste quand on accorde un instrument.

2. L'intensité

L'intensité, c'est le volume : à quel point le son est fort ou faible. Elle dépend de l'énergie qu'on met dans le geste — un pincement délicat donnera un son discret, un pincement franc donnera un son puissant. Ce qui est rassurant, c'est que jouer plus fort ne change pas la note : seule la puissance du son change, pas sa hauteur.

3. Le timbre

Le timbre, c'est la couleur du son — ce qui permet de reconnaître une guitare entre mille, même sur une note identique à celle d'un autre instrument. C'est la qualité la plus riche, et elle se construit en trois temps.

L'attaque, d'abord : la façon dont le son naît, dans l'instant qui suit le pincement de la corde. Jouer au médiator ou du bout des doigts, frôler la corde ou la tirer franchement, tout cela donne une attaque différente, plus ou moins nette, plus ou moins bruitée.

Le release, ensuite : la façon dont le son s'éteint une fois la corde relâchée à elle-même. Une guitare n'a pas de souffle continu comme une flûte ; une fois pincée, la corde n'a plus qu'à s'épuiser doucement. Cette extinction est plus ou moins rapide selon l'instrument, les cordes, et la note jouée — les aigus s'éteignent en général plus vite que les graves.

L'harmonique, enfin : la richesse du son lui-même, pendant qu'il résonne. Une corde ne vibre jamais d'une seule façon : en plus de sa vibration principale, elle vibre aussi par petits morceaux, produisant des sons plus aigus et plus discrets appelés harmoniques, qui se mêlent au son principal. C'est ce mélange précis, propre à chaque instrument, qui donne à la guitare son caractère si particulier — chaleureux, métallique, ou cristallin selon la façon dont ces harmoniques se combinent.

4. La durée

La durée, c'est tout simplement le temps pendant lequel le son se fait entendre, de sa naissance à son extinction complète. Elle dépend de l'instrument, des cordes, et de la façon de jouer : on peut laisser une note résonner longuement, ou au contraire l'étouffer aussitôt jouée.


De ces quatre qualités, c'est surtout la hauteur que l'accordage vient régler : accorder une guitare, c'est ajuster la hauteur de chaque corde pour qu'elle corresponde à la note attendue. Mais une guitare accordée juste ne se limite pas à six cordes justes prises séparément : c'est la cohérence de l'ensemble, la façon dont toutes les cordes se répondent les unes aux autres, qui donne à l'instrument son caractère propre.